La Cour Européenne des Droits de l’Homme autorise les crucifix dans les écoles publiques !

Communiqué
jeudi 31 mars 2011
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La «  Grande chambre », instance d’appel de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, saisie par le gouvernement Berlusconi, vient, le 18 mars 2011, de donner raison à l’État italien qui entend continuer à imposer la présence de crucifix dans les écoles publiques de la péninsule. Cette affaire est connue comme le « cas Lautsi  » du nom de la mère de famille qui avait engagé l’action devant les tribunaux italiens

Contre elle, s’étaient ligués : l’Église catholique, mais aussi, notamment, les gouvernements grec (socialiste) et chypriote (communiste), la Russie de Poutine et Medvedev... et Monaco, désireux de défendre les « racines chrétiennes » de l’Europe. Plusieurs laïques s’étaient portés aux côtés de la famille Lautsi dans cette affaire, pour que ce tribunal européen compétent en matière de « droits de l’homme  » défende enfin la laïcité, comme un premier jugement le laissait espérer aux plaignants. Mais aucun article de la convention européenne des droits de l’homme ne garantit la laïcité et les gouvernements cléricaux ont gagné. Et le Vatican aussi.

Car au-delà du cas Lautsi , la CEDH a fixé sa doctrine et sa jurisprudence, comme s’en félicite le « Saint-Siège » qui, le jour même, crie victoire et donne toute la portée du jugement : « Il est donc reconnu à un niveau juridique international et de grande autorité que la culture des droits de l’homme ne doit pas être mise en contradiction avec les fondements religieux de la civilisation européenne à laquelle le christianisme a apporté une contribution essentielle ».

Subsidiarité, identité nationale et pays de tradition chrétienne.

Mais ce jugement a été rédigé dans un esprit de reconquête et le communiqué poursuit : « La Cour reconnaît également qu’en vertu du principe de subsidiarité, il doit être garanti à chaque pays une marge d’appréciation quant à la valeur de symboles religieux dans leur propre histoire culturelle et dans leur identité nationale. »

Le texte du bureau de presse du Vatican souligne également l’appréciation de la Cour selon laquelle l’exposition d’un crucifix n’est pas « endoctrinement », mais « expression de l’identité culturelle et religieuse des pays de tradition chrétienne  » , ce qui constitue la création d’une nouvelle catégorie juridique destinée à être opposée à toutes les revendications laïques.

Cela met du même coup en évidence le contenu réel de « l’enseignement du fait religieux à l’école ».

Ainsi, une juridiction de l’Europe vaticane confirme que les libres penseurs de 1869, réunis à Naples lors du premier congrès international des libres penseurs avaient raison lorsqu’ils adoptaient une déclaration de principe qui disait notamment face à la Rome cléricale : « Les signataires... proclament la libre raison en face de l’autorité religieuse ; l’indépendance de l’homme en face du despotisme de l’Église et de l’État... la nécessité de l’abolition de toute Église officielle. Ils affirment la nécessité de l’instruction en dehors de toute intervention religieuse...  »

Ces principes n’ont rien perdu de leur actualité au moment où les libres penseurs de 2011 préparent un nouveau congrès international qui se réunira à Oslo le 10 août 2011.

Pour la Séparation des Églises et de l’État dans chaque pays ! Contre l’Europe vaticane !

Paris, le 24 mars 2011


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